Tranches de vie d'enfants : de l'importance d'une relation de confiance dans une étude :)


Les enfants modifient leur comportement devant la présence d'un adulte. Dans le cadre d'une étude, il est primordial d'instaurer un climat de confiance qui permet d'avoir accès à la vie réelle des enfants.


EXEMPLE 1 :


Contexte : A domicile, entretien individuel d'un frère et d'une sœur chacun dans leur chambre, puis entretien avec les parents, dans la cuisine.


Je suis en train de terminer l'entretien avec le frère, M. 10 ans. Il me demande alors subitement : "Pour combien de temps tu en as ?

Ne comprenant pas, je lui demande de préciser. Il me rétorque : "Pour combien de temps tu en as avec mes parents ? On n'a pas le droit d'utiliser la tablette. Alors, si tu en as pour longtemps, je vais appeler ma sœur et on regardera des vidéos sur la tablette en cachette."

- Ca dépend. Tes parents, ils sont bavards ?

- Oh que oui !

- Alors, j'en ai au moins pour une heure...

A ma réponse, son visage s'illumine de joie. A la fin de l'entretien, il développe une stratégie de détournement de goûter auprès de sa sœur, 13 ans, qui est dans la cuisine au rez-de-chaussée, pour qu'elle monte dans sa chambre et en comprenne finalement la raison.


Conclusion : Face à un discours parental qui met en avant une éducation au style plutôt rigide à laquelle, d'après les parents, les enfants adhèreraient avec enthousiasme (pas de télévision à domicile, pas de smartphones pour les enfants, une tablette à l'usage très réglementé, une alimentation très surveillée, etc.), les enfants se sont sentis autorisés à évoquer voire appliquer très spontanément leurs stratégies de contournement de ces règles parentales devant moi.


EXEMPLE 2 :


Contexte : Observation d'une classe de CP en fin de matinée. Je suis positionnée en fond de classe.


La fin de matinée vient de sonner. L'enseignante doit accompagner les élèves au portail. Elle laisse quelques minutes les 3 élèves qui doivent suivre le cours de soutien dans la classe : 2 filles et 1 garçon. Elle demande à une des fillettes, d'être responsable du calme. La fillette accepte avec entrain.

A peine l'enseignante sortie, le garçon chuchote en arborant son ardoise : "Je vais écrire 'trou de fesse' !", ce qu'il fait immédiatement. La fillette positionnée à ses côtés brandit son ardoise à son tour et s'écrit : "Moi, j'ai dessiné des gros nénés !" En effet, un bonhomme patate avec deux seins bien ronds illustre son ardoise.

La fillette, gardienne du calme, rappelle alors son statut de privilégiée : "Vous arrêtez maintenant ! La maîtresse a dit que c'est moi qui demandait le calme !"

Les 2 autres enfants ne tiennent pas compte de son intervention. Le garçon montre son ardoise et s'écrit : "J'ai écrit 'trous de nénés !", ce qui enthousiasme sa voisine. La fillette, gardienne du calme, capitule face à la puissance du groupe et finit par dire : "Moi aussi, j'écris 'trous de nénés'."

L'enseignante revient. Les ardoises sont discrètement effacées pendant que je la remercie d'avoir accepté ma présence, avant de partir.


Conclusion : Voilà une illustration du plaisir des enfants de transgresser devant une adulte qu'ils ont comprise neutre et bienveillante et, aussi, le besoin d'une pause, d'une bulle de légèreté et de rires entre une matinée de cours et 30 mn de soutien scolaire.


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