Formations pour les professionnel.le.s du périscolaire : une nécessité pour limiter les maltraitances des enfants.
- Catherine Pinet-Fernandes

- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 11 heures

Voilà plus d'une quinzaine d'années que je forme les animateurs et animatrices du périscolaire à la bientraitance des enfants et que j'observe des temps périscolaires compliqués in situ afin de proposer des solutions concrètes et adaptées pour améliorer les condition d'accueil des enfants et, par là-même, les conditions de travail des professionnel.le.s.
Mes formations s'axent autour de plusieurs thématiques dont l'objectif est, au final, de gérer un groupe d'enfants de la manière la plus bientraitante possible pour qu'enfants et adultes passent le meilleur moment possible :
Accompagnement éducatif pendant le temps méridien / pendant les temps périscolaires.
Exercer une autorité bienveillante auprès des 3/11 ans.
Gérer les comportements difficiles des enfants de 3 à 11 ans.
Trouver la bonne distance pour les professionnels en contact avec les enfants et gérer le rapport au corps
Animation par le jeu des temps périscolaires.
Accueillir la diversité culturelle.
Le constat est sans appel : hormis dans des communes très investies notamment d'un point de vue de moyens humains, les conditions d'accueil des enfants se dégradent : moins d'animateur.trice.s expérimenté.e.s, beaucoup de turn-over, certaines communes qui font appel à des retraité.e.s (j'ai eu une stagiaire de 78 ans !) ou à des employés municipaux lambdas, une obligation scolaire dès 3 ans qui accroît les effectifs du temps méridien, etc.
Ajoutons à cela des classes très chargées souvent jusqu'à 30 élèves voire au-delà, des enfants de maternelle fatigués pour lesquels la sieste est de plus en plus limitée voire supprimée (contrairement aux recommandations du Conseil scientifique de l'Education Nationale) et des élèves plus stressés avec des évaluations nationales programmées dès la rentrée.
Lorsque les stagiaires arrivent, l'infantisme transpire lors des présentations individuelles : si cela fonctionne mal c'est surtout la faute des enfants d'aujourd'hui (insupportables, enfants-rois, parents démissionnaires, etc.). Progressivement, en analysant les situations concrètes, iels prennent conscience que les difficultés de gestion des comportements des enfants sont liées à de multiples facteurs :
Un sous-effectif latent, surtout pour la gestion du temps méridien : Comment est-il possible d'envisager, dans certaines communes, que 2 ou 3 adultes puissent gérer 70 enfants qui sortent de la classe survoltés, tout en effectuant le service ?
Un manque de stabilité dans les équipes au cours de l'année et une année sur l'autre.
Un manque de cohérence d'intervention au sein de l'équipe.
Une méconnaissance de la psychologie du développement de l'enfant de la part des stagiaires, mais aussi de leurs supérieur.e.s hiérarchiques, voire des enseignant.e.s.
Pour certaines communes, l'accueil des enfants dès 2 ans et 1 jour pour lesquels les temps de classe et les temps méridiens ne sont pas adaptés.
Des cours d'école bétonnées avec peu de présence végétale qui n'offrent aucun environnement apaisant voire peu de "supports ludiques" naturels aux enfants. Et attention, mettre des copeaux sur le sol de la cour, ce n'est toujours pas de la végétalisation ;)
Une culture de la punition et de la domination des enfants qui exacerbe les conflits enfants / adultes : plutôt qu'être autoritaire, il s'agit de FAIRE AUTORITE.
Une volonté de maîtrise de l'enfant par l'adulte souvent contreproductive :
Quand mettre en rang pose plus de problèmes dans la gestion du groupe que de facilitations de déplacement, arrêtons de mettre en rang, surtout en obligeant les enfants à se tenir la main deux par deux.
Les temps de cantine les plus calmes actuellement sont en self-service, en accès direct sur la cour du périscolaire, avec arrivée des enfants à l'heure qu'ils souhaitent (non, aucun enfant n'oublie de manger... Ils vont juste au self quand il n'y a pas d'attente ;)
Aucune analyse de la pratique régulière avec un.e professionnel.le de l'enfance et des temps périscolaires pour analyser les situations complexes et prendre du recul.
ET SURTOUT UNE MECONNAISSANCE DES TECHNIQUES DE BASE DE GESTION D'UN GROUPE D'ENFANTS QUI FAVORISENT DES COMPORTEMENTS ADAPTES.
A cela s'ajoutent les demandes de certaines communes qui veulent rajouter du pédagogique pendant la pause méridienne alors que les enfants ont surtout besoin de jouer, d'exercer une sociabilité autonome sous un regard sécurisant d'adulte et de souffler avant de retourner en classe.
Au final, il y a beaucoup de travail à faire. Quelques recommandations pour améliorer l'accueil des enfants ? Dans un monde idéal, il faudrait...
Recruter suffisamment.
Proposer des conditions financières et organisationnelles suffisamment attractives pour que les profesionnel.le.s restent.
Des formations autour de la posture professionnelle : 2 journées au cours de l'année scolaire pour tou.te.s les professionnel.le.s du périscolaire + 1 journée de rappel avant la rentrée scolaire pour motiver les équipes et rappeler les bases.
De l'analyse de la pratique : une séance / mois pour évoquer les situations difficiles.
Pour en savoir plus, contactez-moi :)

.png)



Commentaires