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Les VEO (Violences Educatives Ordinaires) encore bien présentes dans les familles...

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

La Fondation pour l’Enfance et l'IFOP viennent de publier leur 3e baromètre consacré aux violences éducatives ordinaires (VEO). Mis en place depuis 2022, cet outil a pour objectif de suivre dans le temps l’évolution des connaissances, des perceptions et des pratiques parentales.


Les résultats sont très intéressants :


53% des parents ont cherché des informations sur la parentalité sur internet au cours des 12 derniers mois. La gestion des émotions est la thématique la plus recherchée (24%) surtout par les parents des 0/5 ans (32%) Suivent le suivi du développement de l'enfant (sommeil, langage, croissance, etc.) pour 19% des parents et les comportements difficiles (colère, opposition) pour 14% d'entre eux.


Les informations sur les pratiques éducatives et la discipline sont plutôt recherchées auprès des proches (47%), des professionnels de santé (29%) ou des livres, articles, sites internet spécialisés pour parents (28%).


Les connaissances sur les VEO (Violences Educatives Ordinaires) progressent mais restent parcellaires : 7 parents sur 10 déclarent savoir ce qu'elle recouvre, même si les actes définis comme tels restent encore peu clairs pour beaucoup.

Les VEO sont finalement assez peu identifiées comme telles : aucun résultat n'atteint les 70%. Les VEO les plus identifiées par les parents sont les suivantes ;

  • La fessée : 65%

  • Menacer de frapper sans le faire : 64%

  • Crier après un enfant : 62%

  • Donner une tape sur la main, le bras ou la jambe : 62%

  • Gronder un enfant pour un accident dans la culotte (pipi, selles, etc.) : 60%


Les parents ont conscience que l'éducation sans VEO est plutôt mise en avant par les instances décisionnaires de notre société : 8 parents sur 10 considèrent qu’une éducation sans violences physiques, ni verbales est encouragée en France.


La plupart des parents reconnaissent les conséquences négatives des VEO qu'elles soient psychologiques ou physiques :

  • Risque de banalisation de la violence ; 72% pour la violence psychologique et 71% pour la violence physique.

  • Risque de problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, agressivité) : 70% pour la violence psychologique et 67% pour la violence physique.

  • Risques de difficultés développementales (émotionnelles, relationnelles, apprentissages) : 71% pour la violence psychologique et 65% pour la violence corporelle.


Cela dit, ces VEO restent légitimées pour une part non négligeable des parents :

  • 32% des parents considèrent que « certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter » avec une surreprésentation des pères (40% contre 25% des mères)

  • 9% des parents jugent acceptable d’y recourir dans un but éducatif.

  • 4 parents sur 10 les légitiment en cas de comportements violents de l'enfant, 25% en cas de provocation et 21% en cas de désobéissance.


Au final, les VEO psychologiques restent très présentes dans les familles :

  • 84% des parents ont eu recours à au moins une violence au cours de l’année, en particulier sous leurs formes verbales et psychologiques.

  • 68% auraient eu recours aux cris ou hurlements après l’enfant.

  • 67% l'auraient privé de quelque chose qu’il apprécie.

  • 19% auraient eu des propos dévalorisants à destination de leur enfant.

  • 15% auraient eu des propos insultants.


Les violences physiques restent également bien présentes :

  • 41% des parents déclarent avoir déjà eu recours à une punition physique au cours de l’année écoulée.

  • 25% des parents considèrent la fessée comme une méthode efficace, voire comme "parfois le seul moyen d'être obéi" (30%).


Au final, cette étude montre surtout la prégnance de l'infantisme dans l'éducation parentale française : la croyance que les enfants doivent être maîtrisés, contrôlés pour servir les besoins des adultes.

Au-delà de l'usage de toute forme de violence auprès d'un enfant, chercher à gérer ses émotions / ses colères sans se questionner sur ce qui a pu les générer ou évoquer la "désobéissance", l' "obéissance", la "provocation", l' "opposition" mettent en avant une conception de l'enfant à "corriger", éduquer malgré lui.

Cela dit, les études sur la parentalité que je réalise mettent souvent en avant le poids de la pression sociale sur les parents pour être de "bons parents". Dès qu'un fait divers concerne des enfants ou adolescents, la faute à l'éducation des parents est rapidement mise en avant. Voilà qui ne facilite pas la remise en cause des VEO dans les familles..



Pour aller plus loin :

Une grande étude sur les difficultés rencontrées par les parents dans leur parentalité :


Pour télécharger l'étude complète, c'est ici :

Pour en savoir plus, c'est là : Fondation pour l'Enfance



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